« Ma rencontre » ou la quête surréaliste de Gildas Lepetit-Castel

En ces temps de confinement, le photographe et auteur Gildas Lepetit-Castel offre en accès libre Ma rencontre, un film qui se déploie autour d’une photo qui n’aura jamais vu le jour.

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Entre onirisme et univers rohmérien, Gildas Lepetit-Castel nous entraîne dans la psychologie d’un homme hanté par une rencontre, celle d’une jeune femme croisée devant le café de Flore, alors qu’elle venait de faire tomber son bouquet de fleurs sur le passage pour piétons. Le personnage principal, interprété par le réalisateur, ne saura les ramasser. Il ne saura pas non plus photographier ce moment, comme tétanisé par la beauté de la scène qui se déroulait devant ses yeux. C’est à partir de cette impuissance à saisir cette femme tout autant que les fleurs que le film s’élance.

On remonte alors au fil de la conscience du personnage, à travers ses impressions, ses expériences, ses échecs, ses amis, mais aussi ses douleurs, le tout porté par les nappes d’une guitare lancinante qui vient imprégner l’image à la manière des films de Wenders. La recherche onirique de cette jeune femme dont le pouvoir suggestif renvoie à l’évocation métaphysique de la femme propre au surréalisme se transmue progressivement en quête de soi. Qui est-elle ? Que peut-elle bien lire à cet instant ? Autant de questions qui résonnent et flottent dans les arpèges symboliques d’un homme qui a perdu ses repères avec le monde qui l’entoure.

Ma rencontre est le film d’un auteur à la culture visuelle profonde, un film truffé de symboles, porté par la voix fragile de Gildas Lepetit-Castel. Les images filent et défilent comme dans un état second de conscience, comme une obsession, tel un instantané photographique dont on ne pourrait pas se défaire sans avoir pu toucher la personne figée par l’image. Le film nous amène à voir la construction du fantasme à partir d’un simple élément, mais aussi de la création narrative autour d’une scène de la vie quotidienne. On pense alors à Stendhal, qui ne prétendait pas « peindre les choses en elles-mêmes, mais seulement leur effet ».

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À ce titre, la scène de la salle du cinéma est une vraie réussite aussi visuelle que symbolique. Elle semble nous dire que nous sommes tous spectateurs de notre propre vie et que le désir fantasmé peut parfois s’avérer plus intense que la vie réelle et surtout moins décevant.

Le film de Gildas Lepetit-Castel qui s’ouvrait sur une photo ratée, sorte d’image fantôme, se clôt dans une disparition, une impossibilité à l’émulsion, au saisissement physique. Si la photo permet de matérialiser un semblant d’émotion éprouvée, jamais elle ne saura compenser la présence charnelle.

Ma rencontre, film de Gildas Lepetit-Castel, 2020.« MA RENCONTRE » (61mn – 2020) Film de Gildas Lepetit-Castel © Gildas Lepetit-Castel

Liens pour retrouver les oeuvres de Gildas Lepetit-Castel :

Site : www.gildas-lepetit-castel.com
Facebook : www.facebook.com/gildas.lepetitcastel
Instagram : www.instagram.com/g.lepetit.castel/
Twitter : @glcphotographie

2 réflexions sur “« Ma rencontre » ou la quête surréaliste de Gildas Lepetit-Castel

    1. Bonsoir Roland,

      Gildas a désormais retiré son film qui était en accès libre sur YouTube, car celui-ci a été diffusé par la suite au cinéma, du moins avant le nouveau confinement.

      Merci pour vos salutations photographiques. Je vous rends la pareille et cela sans jeu de mots.

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